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REGISTRES DU BUREAU
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en vostre Assemblée sur le faict de la portion que doibt porter la Ville sur le faict de la contribution de.lasoulde des cinquante mil hommes de pied, et les raisons qui ont meu ceulx de lad. Assemblée à demander l'octroi sur le sel dont vostred. lettre faict mention.
"Mais, toutes choses debatues, led. Sgr a resolu de ne vous accorder led. octroy et que vous ayderez des fermes et impositions qui ont cy devant esté levées pour pareil effect, suyvant ce qui en fut [ordonné et] arresté en son Conseil, vous Mess" les Prevost des Marchans et Eschevins presens : dont j'ay bien voullu incontinant vous advertir, afin que vous regardiez à fere expedier les provisions qui vous seront necces-saires à ceste Gn. Et usez au recouvrement de ce que
lad. Ville doibt porter pour sa part de lad. soulde de telle diligence que vous sçavez la neccessité des affaires dud. Sp le requerir.
"Et sur ce, Mess™, je prie Dieu qu'il vous doint ce que plus desirez.
"Escript à Fonlainebleaue, le xxvie jour de De­cembre mil vc lui.
" Vostre bien bon amy,
MoNTMORANCY. "
(B fol. 266 r°.)
Et au doz desd, lettres est escript : A Messieurs les Prevost des Marchans et Eschevins de la Ville de Paris.
1554.
CCCCXLIX. — Lettres du Roy, touchant la naturalité de Me Alexandre Du Carrel,
abre de Bonne Combe f1'.
Reçues le 2 janvier i554. (A fol. 76 v°; B fol. 266 r°.)
De par le Roy, " Trés chers et bien amez, maistre Alexandre Du Carel, abbé de l'Abbaye de [Nostre Dame de] Bonne Combe '"2), nous a faict dire et remonstrer que feu l'Evesque de Cahors, son oncle'3), obtint de nous de son vivant lettres de naturalité et congé de tester pour disposer des biens qu'il avoit en cestuy nostre Royaulme, et estre tenu et estimé comme originaire d'iceluy'4'; lesquelles lettres, pour ce que bientost a près l'oclroy d'icelles, intervint le trespas dud. Evesque, nous aurions voullu estre veriffiées et sortir le mesme effect que si elles l'eussent esté de son vivant; et combien que led. maistre Alexandre Du Carel, qui a semblablement obtenu autres lettres de naturalité de nous, veriffiées auparavant celles de sond, oncle, pour succedder aux biens de ses parents et amys et
joyr des mesmes libertez et previleiges que font les autres regnicolles et originaires de nostred. Royaulme au nombre desquelz nous l'avons tenu et tenons, aict esté faict par nous capable de la succession de sond, oncle, et n'aict peu ne puisse estre troublé en la perception d'icelle, comme principal et plus proche el habille heritier : touteffoys, se retirant par devers vous pour avoir payement des arreraiges d'une rente de mil livres tournois, que led. defunct son oncle avoit constituée sur nostred. Ville de Paris et qui lui est escheue par son trespas, vous avez faict et faittes difficulté de l'en payer, craignant que lad. rente nous soit acquise par droict d'aubeyne et par tant comprinse en l'Edict, par nous faict au moys de May dernier passé, sur le rachapt des rentes foncieres des villes de nostre Royaulme, chose que nous n'a-
C Rubrique de B : Lettres du Roy, dont i.a teneur ensuyt.
(2) L'abbaye de la Bonne-Combe de Rouergue, ordre de Citeaux, fut fondée en 1162, par Ie comte Raymond de Toulouse et l'évê­que de Rhodez Hugue, père du comte de Rouergue, sous le vocable de la Vierge-Mère et des Saintes-Vertus. — Alexandre de Carrette, neveu de l'évêque de-Cahors (voir la note suivante), n'est mentionné dans Gallia Christiana (t. 1, col. 259) qu'-u>- années 1566 et 1571.
(3> Paul de Carrette, fils d'Alphonse marquis de Final en Ligurie, fut aumônier des rois François I" et Henri U, abbé de Bonne-Combe, évêque de Cahors (i5a/i-i553). Trois prélats de cette famille s'étaient succédé sur le siège épiscopal de Cahors dans la première moitié du xvi" siècle.
O La maison de Carretlo était d'origine ligure et tenait la seigneurie de Final sur la côte de Gênes, en la Rivière du Ponant.